Le garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry

 

Titre : Le garçon et la ville qui ne souriait plus

Auteur : David Bry

Maison d’éditions : Lynks

Genre : historique

Date de parution : 10 janvier 2019

Dates de lecture : février 2019

Nombre de pages : 362

Prix : 16.90€

ISBN : 979-1097434229

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Le résumé :

Romain fuit chaque nuit sa demeure bourgeoise et confortable, pour rejoindre la Cour des Miracles où vivent les anormaux – fous, difformes, obèses, et autres parias parqués là par les Lois de l’Église. Le soir de ses quinze ans, il découvre qu’un terrible complot vise les habitants de la Cour.

Des coupe-gorges de Mouffetard aux ruines de Notre-Dame, il devra compter sur son ami Ambroise, sur Joséphine, Lion et Akou, pour lever le voile sur la conjuration et échapper aux terribles Lames Noires, à la solde de l’archevêque de Paris.

Dans un monde assombri par la peur et l’intolérance, le salut peut-il venir de quelques adolescents en quête d’amour et de liberté ?

Une réflexion sur l’adolescence et la difficulté d’être soi

Un hymne à la liberté et à la différence

Suspens et romantisme dans un Paris inspiré de celui de Notre-Dame-de-Paris.

 

Mon avis :

Un avis sur un roman très particulier aujourd’hui et je remercie du coup les éditions Lynks car je pense que j’aurais pu passer à côté de cette histoire.

Je pense que Le garçon et la ville qui ne souriait plus est une histoire qui ne peut que marquer le lecteur. Pour moi, c’est difficile d’envisager qu’une personne puisse être restée insensible après lecture.

En effet, j’ai tout aimé dans ce roman. Tout m’a plu de A à Z. L’univers dépeint par David Bry est très bien décrit, utilisé, exploité. C’était à la fois dépaysant et angoissant. J’avais l’impression d’y être. Je suis très contente d’avoir découvert la plume de l’auteur. J’ai trouvé le style très précis et très complet. Le rythme était soutenu, dosé comme il le fallait et j’ai apprécié la présence de différents niveaux de langage, utilisés en fonction des personnages, de leur culture et de leur catégorie sociale. Cela a donné beaucoup de profondeur et de réalisme aux dialogues et aux personnages.

La perfection se cache dans les détails. Vous l’aurez compris, je valide la forme à 2000%, d’autant que le récit est ponctué de documents, lettres et affiches, qui ajoutent un réel plus à l’intrigue.

Ensuite, le personnage de Romain, le héros. Issus d’une famille parisienne aisée, ce jeune adolescent est loin d’adhérer aux idées des gens de son milieu et de sa mère tout particulièrement. En effet, dans ce roman l’Eglise est omniprésente et très influente. Cette institution a mis en place des règles, des Normes condamnant irrémédiablement toute personne jugée physiquement ou moralement différente ( = déficiente). Romain ne partageant pas ces « valeurs », puisqu’il se trouve dans une position assez particulière – je ne vous en dis pas plus – décide de se lancer à corps perdu dans l’aventure afin combattre ces injustices et ainsi plonger dans le monde de la Cour des Miracles. Nous sommes donc face à un jeune homme qui va tenter des choses, se poser beaucoup de questions, faire des choix et cela, malgré le danger et le fait qu’il risque de briser les liens avec sa famille.

Romain force le respect car il ose et réfléchi là où les adultes s’effacent et cautionnent des atrocités. Il possède un très bon fond et une personnalité très attachante, très humaine. Il est impossible de ne pas l’apprécier et j’ai vraiment adoré le suivre du début à la fin.

Afin, je dois dire que j’ai adoré cette histoire à cause de la thématique. Le fait qu’un auteur ose parler des persécutions subies par les personnes que certains jugent différentes fait du bien. D’une part parce que ces persécutions ont réellement eu lieu, d’autres part parce que, aujourd’hui encore, la différence est souvent source de moquerie. Quel enfant n’a pas raillé un de ses camarades parce qu’il était un peu différent? Un enfant? Que dis-je?! Les adultes ne sont pas mieux. Dans notre monde, la « normalité »- un simple mot pour dire que tous les être humains doivent être fadement identiques – est considérée comme un idéal à atteindre. Dès qu’une personne est physiquement ou mentalement « décalée », elle est montrée du doigt… Je trouve donc cela super que David Bry ait choisi d’aborder ce sujet à travers ce roman. L’effet est d’autant plus percutant que l’histoire met en lumière des événements qui ont malheureusement existé de façon très réaliste, grâce à une plume méticuleuse et une mise en scène et un univers maîtrisé. C’était triste, poignant, réaliste et effrayant. Bref, je vous recommande vivement ce livre !

Prenez soin de vous.

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