Les héritiers T.1 – La princesse de papier d’Erin Watt

 

Titre : Les héritiers T.1 – La princesse de papier

Auteur : Erin Wat

Maison d’éditions : Hugo Roman, « New Romance »

Date de parution : 4 janvier 2018

Dates de lecture : du 23 au 24 décembre 2017

Genre : new romance, romance contemporaine

Nombre de pages : 471

Prix : 17€

ISBN : 978-2-755-63643-7

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Le résumé :

Une nouvelle vie. 
Pour le meilleur ou pour le pire ? 

​Ella Harper est une battante, une éternelle optimiste. Elle a passé sa vie à déménager de ville en ville pour suivre sa mère, à avoir des fins de mois difficiles et à penser qu’un jour elles allaient s’en sortir. Mais quand sa mère meurt, elle se retrouve seule au monde… 

Jusqu’au jour où Callum Royal apparaît dans sa vie. Finis la galère et le club de strip-tease pour payer ses études. La voilà dans le grandiose manoir des Royal. De l’argent, du luxe du confort… 
Et… les cinq fils de Callum. 

Tous la détestent, tous sont désespérément attirants. Le plus charismatique d’entre eux, Reed Royal, est celui qui est le plus déterminé à la renvoyer là où il pense qu’est sa place, dans un monde de dénuement qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Il ne veut pas d’elle dans sa vie. Il ne veut pas lui faire une place dans le petit monde huppé des Royal. 

Et s’il avait raison ? 

Argent, excès, tromperies, faux-semblants. Tout un univers qu’Ella découvre avec stupeur. Si elle veut survivre dans le royaume des Royal, il va falloir qu’elle apprenne à édicter ses propres règles royales.

Mon avis :

Je remercie vivement Magali et les éditions Hugo Roman pour l’envoi de ce roman et pour leur confiance.

J’ai énormément aimé cette histoire. J’ai trouvé l’ensemble très addictif et il a été très difficile de lâcher le livre pour aller dormir.

Cependant malgré cette addiction et l’affection que j’ai développé pour cette romance, je n’ai pas pu passer à côté certains défauts. Et je trouve cela génial d’aimer un roman tout en ayant conscience de ses faiblesses. C’est l’un des meilleurs scenarii que je pouvais rencontrer en découvrant un livre. Quand tu atteins ce point où tu décides que plus rien ne compte à part le fait de savourer et de faire défiler les pages. C’est exactement ce que j’ai ressenti en lisant La princesse de papier.

Avant de parler des éléments qui pourraient déranger, parlons du positif ! J’ai trouvé la plume de l’auteure assez anonyme, mais très agréable à lire. Les pages se sont enchaînées sans problème et l’idée de base était également excellente et m’a attirée tout de suite : un personnage qui débarque dans une nouvelle famille et qui doit lutter pour y trouver sa place. J’aime le concept.

Ici, nous suivons le quotidien d’Ella, une jeune fille qui a eu la vie très dure avant de croiser la route des Royal. C’est un personnage très fort et qui constitue, pour moi, l’un des meilleurs éléments de l’histoire. Le passé d’Ella lui colle à la peau et transpire de chacune de ses pensées, même si petit à petit elle s’en détache, et de chacun de ses gestes. Cette façon qu’elle a de toujours se tenir prête. Prête à fuir, aussi bien physiquement et mentalement, prête à prendre un nouveau départ en cas d’échec (cacher ses économies sur elle ou dans sa voiture, vouloir son indépendance à tout prix…). C’est quelque chose que j’ai trouvé très réaliste, car Ella ne devient pas une Royal du jour au lendemain, aussi bien de son point de vue à elle que de celui des frères Royal. Discrète, débrouillarde et courageuse, elle est devenue mature très jeune, par la force des choses. C’est un personnage que j’ai beaucoup admiré. Elle encaisse beaucoup de choses et va de l’avant, sans se soucier le moins du monde de ce que les autres pensent d’elle. C’est une force que chacun devrait posséder. Bref, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé l’héroïne.

En comparaison, le personnage de Reed est beaucoup plus classique. Détestable au début, comme tous ses jeunes frères, il va progressivement évoluer et arriver à une entente avec Ella. Ténébreux, il a tout du mauvais garçon et du gosse de riche trop gâté qui en fait voir de toutes les couleurs à son entourage. Je le comprends dans une certaine mesure, mais pas au point de trouver son comportement normal et judicieux. Je l’ai davantage préféré dans le seconde partie du livre.

Cela a été la même chose pour ses frères. Je les ai adorés une fois la première moitié du roman passée. Sans les problèmes qui les ont poussé a agir comme ils l’ont fait au début, je trouve qu’ils feraient la fratrie idéale (en sachant toutefois qu’ils sont cinq et adolescents…), aimants, protecteurs et très soudés.

J’ai également bien aimé Callum, le père de Reed et ses frères, il est gentil et se veut attentionné. C’est un papa qui tient beaucoup à ses fils et qui les gâte malheureusement trop, afin de compenser l’absence de leur mère. Cependant, certains passages m’ont hérissé le poil, même si la présence de Brooke, sa petite amie, y fait beaucoup. Je pense qu’il y a une forme de laxisme chez lui amène à l’écroulement de ce qui l’entoure. Il faut qu’il arrive à puiser en lui-même cette force qu’Ella a sue trouver, afin de reconstruire sa famille.

Concernant les autres personnages, je ne vous dirai pas lesquels, certains nous réservent de sacrées surprises. Bonnes ou mauvaises, à vous de le découvrir. Mais j’ai apprécié chaque révélation et retournement de situation. Par moment l’auteure est allée là où je ne l’attendais pas.

Le dernier point que je voulais mentionner est la raison pour laquelle ce roman ne pourrait pas plaire. C’est quelque chose qui m’a dérangée malgré le très bon moment que j’ai passé. Un lecteur qui intellectualise davantage et qui est particulièrement sensible à la cause féminine pourrait ne pas du tout aimer la vision de la femme qui est présentée ici, à travers les idées de certains personnages concernant Ella. Cette dernière va en baver durant une grande partie du livre à cause de la réputation, sans fondement, qu’elle se trimbale tel un boulet partout où elle va. En effet, pour les frères Royal, les femmes sont soit vénales, soit hyper portées sur le sexe, soit les deux. Ainsi, ils n’hésitent pas à attribuer ces traits de caractères à Ella, qu’ils ne connaissent pas, sous prétexte qu’elle ait été strip-teaseuse et récupérée par Callum (qui leur a pourtant expliqué le pourquoi du comment avant de prendre la jeune femme sous son aile). J’ai trouvé cela injuste, cliché, dégradant, infondé et complètement déplacé surtout quand on voit l’attitude quotidienne de Reed et ses frères, qui sont hautement plus dépravés que ne l’est l’héroïne, dont le comportement est tout à fait normal, limite exemplaire.

Pour cela j’avoue avoir levé les yeux au ciel plus d’une fois, face à cette idée injuste et fausse que les personnages avaient de l’héroïne et le caractère systématiquement défavorable de la vision de la femme. Malgré tout, j’ai été embarquée dans l’histoire jusqu’au bout. Comme les choses bougent et changent dans la seconde moitié du roman, je me suis vite détachée de cet agacement, car les pensées négatives n’étaient pas un message de l’auteure pour le lecteur, mais juste la conséquence des vécus des personnages. Partant de là, la lectrice et femme que je suis n’a pas pu le prendre pour elle et restée focalisée sur ce point en particulier de l’histoire. Mais comme c’est quelque chose qui m’a titillée et qui peut ne pas plaire, je me devais d’en parler ici.

Au final, vous l’aurez compris, j’ai vraiment adoré cette histoire. L’idée de base me plaît énormément, j’ai trouvé le personnage d’Ella beau, bien réalisé et attachant, le rythme était soutenu comme il faut malgré le fait qu’on suive simplement le quotidien de l’héroïne et pas mal de personnages m’ont vraiment surprise. La fin nous laisse également sans voix et on ne peut que se languir de connaître la suite des aventures des Royal. Par contre, pour les lecteurs assez sensibles à la cause féminine et qui s’emballent facilement sur le sujet, je préfère vous prévenir. Le début du roman risque de ne pas vous plaire si vous êtes du genre très chatouilleux sur la question, même si je vous rassure, on assiste à un retour  à la « normale » durant la seconde partie du livre.

Alors, tentés? Dites-moi tout !

Prenez soin de vous.

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