Madame Vérité ou la conspiration des étoiles de Christian-Louis Eclimont

 

 

Titre : Madame Vérité ou la conspiration des étoiles

Auteur : Christian-Louis Eclimont

Maison d’éditions : J’ai lu

Date de parution : 17 mai 2017

Nombre de pages : 473

Prix : 8.50€

ISBN : 978-2290139080

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Le résumé :

Femme de l’ombre, Mademoiselle Lenormand participa pourtant à la grande Histoire, de la Révolution française à la monarchie de Juillet, recevant à son guéridon, au 5, rue de Tournon à Paris, celles et ceux – avides de ses prédictions – qui en furent les acteurs effectifs, parmi lesquels des figures aussi diverses que Robespierre ou Napoléon. Femme de lettres en correspondance avec l’au-delà, dramaturge occasionnelle, ne s’embarrassant d’aucun scrupule pour s’assurer gloire et fortune, celle qu’on appelait la « Sibylle du faubourg Saint-Germain », qui était aussi une fervente royaliste, amie intime de Joséphine et espionne pour Fouché, conspira en tous sens pour des causes qui la dépassaient, sauf la sienne.

Mon avis :

Un grand merci à Charlotte et la maison d’éditions J’ai lu pour cet envoi !

Vous ne le savez peut-être pas, mais avant de me lancer dans les études de bibliothéconomie, j’ai effectué une licence en Histoire et Patrimoine. Aussi, l’Histoire a toujours été une matière, une science, qui me passionnait. Maintenant que mes études sont terminées, je raffole tout particulièrement de romans historiques mettant en scène la petite histoire dans la grande. Si tout n’est pas exacte, le fond se veux véridique et cela permet de découvrir pas mal de petites choses, ou de se remémorer des faits, des personnages historiques, que l’on aurait oublié.

Quand l’opportunité de découvrir l’histoire de Mademoiselle Lenormand, ou la sybille du faubourg Saint-Germain – ou « Mademoiselle », comme elle aimait se faire appeler – , que je ne connaissais que de nom, je n’ai pas hésité. Cette femme, d’origines assez modestes, réussi par son audace et ses dons divinatoires à fréquenter les personnages les plus influents de son temps, de Robespierre à Danton en passant par l’impératrice Joséphine.

Son destin a été assez peu commun. Royaliste convaincue, elle était également très croyante. Malgré le fait qu’elle ne soit jamais rentrée au couvent, elle se consacra a Dieu corps et âme durant toute sa vie. Cela ne l’empêcha cependant pas de rêver de richesse et de gloire, qu’elle obtient grâce à ses dons.

D’un point de vue historique, ce roman est une belle réussite. La grande et la petite Histoire se combinent parfaitement dans ce récit. Cela a été l’occasion, pour moi, de me remémorer le contenu de mes cours de Fac et cela est une belle façon d’en apprendre plus sur la période pour un lecteur lambda. C’est exactement ce que je cherchais en démarrant cette lecture. J’ai donc été ravie de voir que ce roman répondant à cette attente et propose quelque chose de qualité aux lecteurs.

Cependant, outre le fait que ce roman soit très réussi d’un point de vue historique, certains points font que cela a été une lecture enrichissante, mais pas plus divertissante que ça. En effet, la plume de l’auteur, pour cet ouvrage-ci, est assez particulière. Si Christian-Louis Eclimont n’utilise pas le vieux français – l’extrême ! – le vocabulaire et les tournures de phrase qu’il utilise titillent un lecteur qui ne serait pas habitué à ce style littéraire. En ce qui me concerne, il m’a fallu un temps d’adaptation. Après, le choix de l’auteur est tout à fait justifié et cohérent, car ce style ajoute une impression d’authenticité supplémentaire à l’histoire, donc même si on n’est pas fan, cela reste un bon choix.

Hormis cette plume, il y a quand même un choix d’écriture que je n’ai pas particulièrement apprécié, c’est le fait que le roman contienne des chapitres pouvant être très longs. J’ai pour habitude de m’arrêter à une fin de chapitre quand je lis. Aussi, quand un chapitre est très long, on est obligé de s’arrêter en plein milieu, chose que je n’aime pas – warning, lectrice maniaque en vue ! -. De plus, ce procédé donne une impression de lenteur, là où les chapitres courts donnent une illusion de vitesse. La lecture paraîtra donc davantage difficile à un lecteur qui n’est pas complètement submergé par l’histoire, que ce soit avec ce roman ou un autre.

Ce qui fait également que je n’ai pas autant apprécié ma lecture que je l’aurais voulu, ce sont les personnages. En effet, qu’ils soient inventés ou qu’ils aient réellement existé, je ne me suis attachée à aucune personnalité présente dans ce roman. La personnalité d’Anne-Marie Lenormand est assez difficile à « comprendre » pour moi : fervente royaliste, extrêmement croyante, à la recherche de la gloire et de la fortune, ma personnalité est très éloignée de la sienne. De ce fait, je n’étais pas souvent d’accord avec ses raisonnements et ses pensées et le personnage m’a donc paru assez froid, car très peu porté sur l’affect et davantage attiré par les calculs et le profit.

Pour ce qui est des personnages qui vont croiser le chemin de Mademoiselle, je ne me suis pas attachée aux autres personnages. La manière de les présenter de l’auteur fait qu’on sait peu de choses sur leur personnalité, simplement ce qui sert l’Histoire et ce qui touche à Anne-Marie Lenormand. Du coup, il est difficile de se les imaginer complètement.

Christian-Louis Eclimont, afin de raconter une histoire très vaste,  a dû faire des choix, sélectionner et garder des choses, afin d’en dire assez sans tomber dans une histoire en dix volumes. Cette sélection se fait à plusieurs niveaux. D’un côté, les personnages se retrouvent assez « réduits », comme je l’ai expliqué précédemment, et de l’autre, le récit est entre-coupé d’ellipses narratives. Les chapitres peuvent reprendre directement à la suite du précédent ou nous propulser dix ans plus tard. De ce fait, le lecteur manque des rencontres et se voit décrire rapidement des événements passés. En ce qui me concerne, j’ai dû prendre un temps de réflexion afin de pouvoir situer tout ce beau monde, car les personnalités rencontrées dans ce roman sont nombreuses et que l’on peut vite s’y perdre.

Au final, j’ai passé un bon moment avec cet ouvrage. La fan d’Histoire qui est en moi a été comblée par le contenu de ce roman. Cependant, j’ai déploré certains choix de l’auteur : découpage de l’histoire et manque de choses romancées. Pour moi Christian-Louis Eclimont aurait peut-être dû prendre plus de risque dans l’interprétation, afin de nous proposer un roman ou l’affecte possède une place plus conséquente (grâce aux personnages qui entourent Mademoiselle Lenormand par exemple, afin de contrebalancer le caractère du personnage principal), quelque chose de moins « lisse », qui aille un peu au-delà de l’Histoire qui peut se marier parfaitement avec la fiction. Cependant, il ne s’agit là que de mes goûts personnels en terme de lecture. Après, si l’objectif de l’auteur est de simplement décrire l’Histoire de façon la plus fidèle possible, comme je pense que c’est le cas, alors c’est un sans faute !

Et vous, vous arrive-t-il de lire des romans historiques de ce type? Connaissiez-vous le personnage de Mademoiselle Lenormand?  Dites-moi tout !

Prenez soin de vous.

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