Mon bel orage d’Héloïse Combes

 

Titre : Mon bel orage

Auteur : Heloïse Combes

Maison d’éditions : La Rémanence, collection « Regards »

Date de parution : 22 octobre 2015

Nombre de pages : 104

Prix : 14€

ISBN : 979-1093552309

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Le résumé :

Rien ne semblait devoir arriver. Rien ne semblait pouvoir exister d’autre que ce brouhaha cotonneux des couloirs, ces bousculades adolescentes chaque heure à la porte d’une salle de classe qu’on quittait, chaque heure, pour une autre salle de classe où tout serait pareil : chaque heure le bruit de troupeau qui s’engouffre puis freine, dérapages de semelles en caoutchouc doublés de grincements de chaises, et ensuite l’ennui, la voix soporifique du prof, l’ennui, la craie blanche qui crisse sur le tableau vert sombre, l’ennui, le néon qui crépite toujours un peu, une gomme qui tombe, le vol métallique d’une punaise qui traverse la pièce et bute sur la vitre, un papier qu’on froisse, un rire étouffé, l’ennui… C’est arrivé pourtant. Dans le préfabriqué de tôle qui tenait lieu de salle de dessin à l’écart des grands bâtiments. Une brèche soudain dans le cœur lourd du géant noir.

Mon avis :

Un grand merci à Mathilde, de la maison d’éditions La Rémanence pour l’envoie de ce roman. 

J’ai découvert cette histoire après avoir lu Sans traces apparentes d’Elisa Tixen. Ayant beaucoup aimé ce roman, j’ai mené mon enquête concernant la maison d’éditions La Rémanence et l’histoire de Lella avait retenue mon attention. Le résumé accrocheur, emprunt de mystère et la couverture avaient tout pour me plaire.

Dans ce roman, nous retrouvons Lella, une adolescente discrète et mélancolique, à l’aube de ses quinze ans, qui voit les journées défiler avec ennui. Entre ses amis, les cours et sa mère absente, Lella va un jour se retrouver confronté à une situation et des émotions particulières, qui vont l’amener à créer un lien passionnel avec Marius Gracq, son professeur d’Arts Plastiques.

Les histoires qui abordent le thème tabou de la relation amoureuse entre un mineur et un enseignant (ou toute autre personne majeure) sont à double tranchant. Soit on n’adhère pas du tout, car personnellement, ce genre de relation m’horripile en général, soit l’auteur va réussir à nous embarquer et faire en sorte que le lecteur comprenne les personnages.

Pour ce qui est de la relation entre Lella et Marius, j’ai été très étonnée de ressentir de l’affection pour eux deux et pour le lien qui les unis. J’ai été très surprise de ne pas ressentir de mépris pour Marius Gracq, un homme d’environ cinquante ans attiré par une enfant de quatorze ans. Dis comme cela, leur relation peut donner le frisson, mais Héloïse Combes, à travers les yeux de Lella et grâce à sa plume enchanteresse nous retranscrit très bien les émotions de la jeune fille et nous fait apprécier Marius, même si au fond de nous, on sait que leur relation est répréhensible.

La plume de l’auteure est très particulière. Le style est à la fois brumeux, précis et poétique, limite lyrique, où les dialogues sont rares. Héloïse Combes nous propose de suivre seulement le point de vue de l’adolescente, comme un monologue intérieur, un zoom sur quelques mois de la vue de Lella.

Grâce au choix de l’auteure, l’histoire contient une part d’ombre qui laisse le lecteur dans le flou pour certaines choses. Cependant, ce procédé a l’avantage de permettre de mieux comprendre la relation qu’elle entretient avec son professeur, car nous n’avons pas la vision des personnes extérieures qui s’opposent à leur amour, empêchant ainsi le lecteur de juger constamment le couple. De coup, l’horreur qu’on ressentirait d’ordinaire est très largement atténuée grâce aux pensées de Lella. Assez mature pour son âge, elle ne perçoit pas l’aspect répréhensible de sa relation avec Marius.

Bref, si j’appréhendais un peu cette lecture, j’ai été ravie de découvrir cette histoire. Le roman se lit très vite, puisque je l’ai englouti en quelques heures à peine. J’ai été complètement emportée par la plume très singulière d’Héloïse Combes. J’étais également très curieuse de découvrir où la liaison de Lella et Marcus allait les mener.

Au final, j’ai deux petits regrets concernant cette histoire, même si je l’ai adoré dans son ensemble. Tout d’abord, le style a instauré une certaine distance entre les personnages et le lecteur.  J’aurais aimé en savoir beaucoup plus sur Marius, car même si c’est un personnage très important, on en sait très peu sur lui et il en est ainsi pour chaque personnage rencontré par Lella. Autant cela ne m’a pas dérangée pour les autres, autant j’ai été frustrée de ne pas en savoir plus sur ce fameux géant et professeur d’Art-Plastique. Ce que l’on voyait à travers les yeux de Lella laissait entrevoir une très belle personnalité. Enfin, j’ai été également frustrée par la fin de l’histoire. Je ne suis pas une adepte des fins ouvertes, car j’aime savoir où vont les choses et ne pas avoir de doute, même si je reconnais la justesse de ce choix. La curieuse que je suis en voulait quand même plus !

Lire la chronique de Sans traces apparentes d’Elisa Tixen.

Et vous, oseriez-vous découvrir l’histoire de Lella et Marius? Dites-moi tout !

Prenez soin de vous.

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