Entretien avec Sébastien Morgan, auteur des Chroniques Merveilleuses !

Je suis ravie de vous proposer un nouvel entretien aujourd’hui ! Comme vous avez pu le constater, cette fois-ci, Sébastien Morgan est à l’honneur. Souvenez-vous, en début d’année, je vous ai présenté le premier tome de sa saga Chroniques Merveilleuse, intitulé La flèche du scythe. Cette histoire allie avec brio réalité historique et fantastique et m’avait complètement embarquée ! A mon sens, ce roman est une petite pépite qui mérite d’être connue. C’est donc avec grand plaisir que je vous transmet les réponses de Sébastien Morgan, qui a très gentiment accepté de répondre à mes questions.

Sébastien Morgan est un auteur belge. Ne vivant pas (encore) de sa plume, il exerce le métier d’enseignant et de journaliste. Si La flèche du scythe est son tout premier roman, l’auteur écrit depuis longtemps. Lauréat de plusieurs concours grâce à ses nouvelles, il a également écrit plusieurs essais sur  la spiritualité chevaleresque. Passionné de fantasy et de mythologie, l’écriture de son roman lui a permis de concilier plusieurs de ses centres d’intérêt!

En attendant l’heure des révélations, petit rappel concernant La flèche du Scythe :

IIIe siècle après J.-C., l’Empire Romain est assiégé de toute part. Chaque jour, les peuples barbares resserrent un peu plus leur étau. Des rumeurs font état d’une alliance possible entre les peuples goths autour du descendant d’Arminius, célèbre vainqueur des légions lors de la bataille de Teutobourg. Yares, un auxiliaire scythe est envoyé pour trouver et assassiner ce nouveau roi barbare. L’éclaireur pénètre dans la grande forêt alors que des forces surnaturelles s’éveillent…

Fortement enraciné dans l’Histoire et les mentalités de l’époque, la Flèche du Scythe est un roman d’aventure plein de fantastique et de sorcellerie. Il plaira tant aux amateurs de l’Empire Romain qu’aux inconditionnels des sagas fantasy.

Lire la chronique.

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1. Quels sont vos rapports avec la lecture? Etes-vous grand lecteur? Si oui, quels sont vos genres de prédilections?

Pas aussi grand lecteur que je le voudrais ! J’essaye de lire trois ou quatre livres par mois. J’ai deux genres de prédilection, le roman (imaginaire ou historique) et les essais (historiques, philosophiques et théologiques). C’est C.S.Lewis, l’auteur de Narnia qui m’a donné ce dernier goût. Dans ses essais, il allie à la fois une profonde spiritualité, un humour décapant et une rigueur de raisonnement sans faille. Ses livres continuent de m’inspirer au quotidien.

2. Comment vous est venu le goût de l’écriture? Est-ce que cela a été une évidence?

Oui. J’écris depuis l’âge de 8 ans, ma mère m’avait offert une machine à écrire « Petite » pour mon anniversaire. En fait, mon grand-père était journaliste et mon père scénariste de BD. J’ai grandi dans une ambiance où raconter des histoires était une seconde nature. Mon père est également l’un des premiers à avoir parlé du jeu de rôle en francophonie alors que Dungeons & Dragons commençait à faire un carton dans les pays anglo-saxons. Ce passe-temps ludique reste, pour moi, une forme d’art à part entière et une source inépuisable d’inspiration.

3. Quelles sont vos sources d’inspiration? Avez-vous des oeuvres littéraires (ou autres) qui font office de références?

Adolescent, j’ai dévoré les grands cycles de Michael Moorcock (Elric, Corum, Hawkmoon). Ils m’ont durablement marqué par leur côté sombre et tragique. J’ai également été fort marqué par l’oeuvre d’un autre pionnier du genre : R.E.Howard, connu pour sa série Conan mais qui excelle d’autant plus dans ses autres séries.

Les grandes mythologies, parce qu’elles forment d’une certaine manière la trame sous-jacente de la réalité. Les mythologies (et j’y inclus les mythologies modernes du Seigneur des Anneaux à Star Wars en passant par Docteur Who) touchent et expriment à la fois le tréfonds de l’inconscient et la partie la plus spirituelle de l’âme des peuples. Ces histoires épiques et féeriques disent quelque chose de celui qui les raconte mais en même temps emmènent le lecteur dans un ailleurs qui n’est pas une fuite mais au contraire une plongée dans un réel plus profond que la banalité du quotidien.

4. Ayant fait des études en histoire de l’art et en archéologie, a-t-il été difficile de concilier réalité historique et fiction? (LA grande question que je me suis posée durant toute ma lecture)

Oui et non. Après avoir planté le décor d’une manière historique, j’ai essayé de me mettre à la place d’une personne de l’époque, d’adopter une manière de percevoir le monde emprunte de ce merveilleux et de cet enchantement qui étaient ceux de l’humanité jusqu’à l’avènement de la technicité.

Un jour, je me promenais près de Brocéliande sous une pluie diluvienne. La terre chargé de particule de fer devient à ces moments là très rouge, comme si la pluie charriait des litres de sang. Je me suis rappelé de cette légende locale qui raconte comment une fée vivant dans le lac voulu se venger de ses soeurs ayant tué son preux chevalier. Elle les décapita dans leur sommeil et depuis ce jour, dit la légende, leur sang ressort parfois de la terre souillée.

Je me suis demandé est-ce que les gens croyaient vraiment cette histoire du reste plus poétique qu’une constatation de molécules oxydées… ou bien était-ce un autre regard porté sur le réel ? Je crois que les mythologies et les contes de fées avaient moins le but d’expliquer le réel que de le sublimer. Avec cette sublimation mytho-poétique, on touche réellement l’âme des peuples. C’est cette pensée qui m’a motivé à écrire cette histoire.

5. Etant donné que vous possédez un travail en dehors de votre activité d’écrivain, comment arrivez-vous à concilier votre emploi, l’écriture et votre vie privée? Appliquez-vous une méthode d’organisation particulière?

J’avoue que c’est difficile et que souvent, c’est mon temps de sommeil qui trinque. Mais je pense que le secret, en ce qui me concerne du moins, c’est une organisation minutieuse. Ce n’est pas grave de ne pas faire ses deux pages par jour mais il faut y travailler chaque jour, même si ce n’est que pour écrire une ligne !

6. Vous êtes enseignant et avez déjà écrit des essais. La fiction est-elle plus « facile » à coucher sur papier que des textes issus de travaux de recherches (même si la fiction nécessite également de se documenter)?

Pas nécessairement car les personnages ont leur vie propre et souvent, ils ne font pas ce qui était prévu, ce qui demande de se réajuster sans cesse.

7. Avez-vous écrit d’autres romans?

Plus jeune, j’ai commencé plusieurs romans non aboutis, c’est le premier que je termine.

8. Hormis La flèche du scythe, avez-vous d’autres histoires en tête?

Ho oui !

9. Si oui, pensez-vous vous détacher de la période antique et du fantastique?

De l’Antiquité, sans aucun doute car j’aimerais explorer d’autres époques, l’histoire est tellement riche que j’ai une espèce de boulimie, j’aimerais camper des récits à plusieurs époques mais aussi dans des cultures différentes. En ce qui concerne le fantastique, je crois que cela fait profondément partie de mon ADN et qu’on est marié à vie.

10. La fin du premier tome des Chroniques merveilleuses démontre à quel point vous pouvez être sadique (rire). Selon ce que vous m’avez confié, le tome deux est en cours d’écriture. Quand sortira-t-il?

Je vise la rentrée scolaire 2017 pour la sortie du second tome.

11. Doit-on trembler face à son contenu ?

(rire) Certainement !

12. Comment l’idée de cette saga vous est-elle venue?

Cela faisait longtemps que j’avais envie de faire resurgir le côté mythique des cultures historiques, l’antiquité romaine me semblait un bon endroit pour commencer, car c’est à cette époque romaine que beaucoup de choses naissent tant au niveau des idées que de la culture religieuse et politique.

Ce troisième siècle, par son côté agité et bouillonnant était le décor idéal pour le début de cette histoire.

13. L’empire romain est de plus en plus présent dans la littérature. Certains titres à succès ,en littérature jeunesse notamment, s’en inspirent. Avez-vous des titres dans ce cas de figure qui vous aurait inspiré?

Non, sauf le jeu vidéo Total War Rome pour l’ambiance.

14. Pour un roman qui fait moins de 300 pages, il se passe beaucoup de choses. Utilisez-vous un « squelette » afin de guider la phase de l’écriture et d’aller à l’essentiel, ou est-ce que vous écrivez au feeling?

Oui, pour moi c’est essentiel même si ce squelette évolue jusqu’à la fin.

15. Quel a été votre parcours en ce qui concerne la recherche d’un éditeur pour vos romans?

J’ai écrit à plusieurs éditeurs et certains m’ont dit avoir apprécié mon roman mais être soumis à des choix cornéliens. Certains éditeurs reçoivent plusieurs dizaines de manuscrits par semaine mais ne peuvent en publier que quelques-uns par an, leur sélection est réellement difficile.

16. Puisque vous avez finalement opter pour l’auto-édition, existe-t-il des pièges à éviter? Quels en sont les avantages et les inconvénients?

L’avantage, c’est qu’on est le seul maître à bord, ce qui est aussi l’inconvénient. Il faut tout faire, de la correction à la couverture, en passant par la promotion et le suivi alors qu’en tant qu’auteur, notre travail principal est de créer ! Je pense qu’il faut donc déléguer un maximum (pour la couverture, etc…), ce qui implique un certain coût financier…

17. Auriez-vous des conseils à partager pour les jeunes auteurs qui voudraient se lancer?

Le cap le plus difficile dans l’écriture est de terminer son livre. Il faut donc écrire un peu chaque jour en avançant constamment afin de le terminer coûte que coûte. Bien sûr, après il y aura 250 corrections et sans doute des changements majeurs mais une fois qu’on a une oeuvre avec un début et une fin, c’est une étape majeure de franchie !

***

Je remercie infiniment – et encore une fois – Sébastien Morgan pour m’avoir donné de son temps. Continuez de nous faire trembler et n’abandonnez jamais ! 

J’espère avoir assouvi votre curiosité. En ce qui me concerne, l’auteur m’a donné matière à réfléchir et j’ai adoré en savoir plus sur lui et son activité. Encore une fois, je vous recommande très vivement de vous penchez sur le cas des Chroniques Merveilleuses !

Prenez soin de vous.

2 thoughts on “Entretien avec Sébastien Morgan, auteur des Chroniques Merveilleuses !

  1. Merci pour cette interview que j’ai lue avec plaisir ayant beaucoup aimé le roman. J’ai bien aimé ta question 4 que je me suis également posée régulièrement au cours de ma lecture. Hâte de lire la suite comme, il me semble, quasiment tous les lecteurs qui ont eu la chance de lire l’ouvrage.

    1. Je t’en prie, j’adore rédiger (ou co-rédiger) ce genre d’article ! Je suis de nature très curieuse donc je m’exécute avec joie ! Ahah la fameuse question 4 !
      Oui, il me faut la suite ! Cette fin est juste sadique, on ne peut pas finir un roman comme ça, ce n’est pas humain !

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