Entretien avec Christelle Nadal, auteure du livre Le monde Sans Nom

Coucou tout le monde !

Aujourd’hui, je débute une nouvelle série d’article. En effet, je compte, quand cela est possible, vous faire part de mes échanges avec certains auteurs avec qui j’aurais eut l’occasion de parler (par mail ou autres).

Pour cette première fois, je vous propose d’en découvrir un peu plus sur Christelle Nadal, une jeune auteure française de 35 ans. Christelle m’a contactée fin janvier 2016 afin de me faire découvrir son histoire. J’ai adoré son livre et depuis, on échanges de temps en temps par mail. C’est une personne très gentille et très accessible. Elle m’a gentiment proposée de répondre à mes questions et j’ai accepté avec plaisir, car il faut à tout prix que vous découvriez son monde !

christelle Nadal

Pour en savoir plus sur elle et sur son histoire, une petite pépite, je vous invite à visiter son blog La petite Annaée, où elle publie petit à petit les chapitres de son livre, Le monde Sans Nom, dans l’attente d’être publiée, ce que je lui souhaite. Si vous n’avez pas lu ma chronique sur cet ouvrage, petite piqûre de rappel :

le monde sans nom T.1 Eldir

(Les illustrations ne sont pas de moi et proviennent de son blog.) 

Synopsis :

Liia est une Neyri. Ce peuple chamanique vit en parfaite harmonie avec celui qui a modelé toutes choses, le Grand Mystère. La malédiction des Neyri est qu’ils ont non pas un, mais deux ennemis, les Creux et les Sans Nom. Dans son refus à obéir aux mises en garde de l’ancienne, Liia va devoir malgré elle apprendre à connaître le Monde Sans Nom.

Simen est le Varhé, le chef d’Eldir. Lors d’une excursion sur Neyri pour trouver de la turquoise pour sa fiancée Anja, il intervient pour éviter l’enlèvement d’une jeune femme. Contraint de la ramener chez lui pour lui éviter une mort certaine, Simen découvre une attirance déplacée pour cette femme au regard profond. Il se bat alors contre ces émotions nouvelles, contre cet instinct.

Les difficultés de Simen sont une aubaine pour ceux qui complotent dans l’ombre. Car l’heure arrive, le traître en est certain. Bientôt le peuple prendra conscience de la perversité du système politique d’Eldir. Qui peut accepter que son monde soit dirigé par une unique personne? La résistance fomente depuis longtemps et les rouages de la trahison sont enfin assemblés.

***

Mes questions :

Question 1 : Quels sont tes rapports avec la lecture? Est-ce que tu lis beaucoup? Depuis longtemps? Quel est ton genre de prédilection?

Ma passion pour la lecture est venue sur le tard (il y a peut-être huit ans). Je lis beaucoup ou tout du moins j’essaie, mais ayant une vie pas mal remplie, il y a certaines périodes pendant lesquelles je lis moins. Je ne suis pas certaine d’avoir de genre de prédilection mais si on regardait ma bibliothèque, on pourrait facilement supposer que je lis beaucoup de Fantasy.

Question 2 : Comment t’es venu l’envie d’écrire? (bateau, mais je me pose toujours la question. Quel peut-être l’élément déclencheur?)

Comment m’est venue l’écriture ? Doucement, je suppose. Ça a été l’inverse d’un coup de foudre. Ça a été une attirance lente mais bien présente. Depuis que je lis, j’apprécie écrire quelques petits textes mais il y a deux ans et demi, je me suis décidée à sortir de ma zone de confort pour tenter d’aller au bout de l’aventure que représente la confection d’un livre.

Je dis « confection » car c’est de cette façon que je le vis. Je taille, je sculpte, j’efface, je recommence.

J’étais en vacances dans le Sud et un matin je me suis réveillée avec cette petite voix qui me susurrait « c’est bon, c’est le moment ». Depuis je tente d’apprivoiser mon rapport à l’écriture.

Question 3 : Quelles sont tes inspirations, ces livres, ces personnages, ces personnes…, ces petites choses qui ont contribué à la création de ton histoire?  

Mes inspirations sont multiples. Elles se présentent sous la forme de « fantômes » que je croise au quotidien. Je vois, je lis, j’entends quelque chose qui m’interpelle. Je le note sur mon carnet ou sur mon I phone parce que je connecte tout de suite ces étincelles avec mon univers. Ça peut être juste un mot, une phrase, une bribe de dialogue, une chanson. Je fonctionne beaucoup avec un  Mood-board. Ce qui explique que je partage sur mon site régulièrement mes inspirations, parce qu’au moment où j’écris, j’ai ces images soit en tête soit directement punaisées face à moi. Je me suis documentée sur les indiens d’Amérique. Je me suis appuyée sur un titre en particulier : Pieds nus sur la terre sacrée de T.C. McLuhan. C’est un recueil de paroles, de citations indiennes. Leurs paroles, visions résonnent jusqu’à nos jours. Nous avons détruit leur monde, nous détruisons le notre maintenant.

Question 4 : Quelles études as-tu effectué et que fais-tu dans la vie quand tu n’écris pas? 

J’ai fait des études de psychologie (clinique pour être exacte) et je suis ATSEM en école maternelle. J’organise aussi (pas toute seule) à côté de ça des concerts un peu particuliers dans des appartements.

Question 5 : Comment est-ce que tu t’organises pour concilier vie professionnelle, vie personnelle et écriture? 

J’ai la chance d’avoir pu décider de travailler à mi-temps. En dehors de ça, je fais comme tout le monde, je jongle. Je n’aime pas foncièrement être organisée, j’aime la spontanéité mais force est de constater qu’avec mes diverses obligations, l’organisation s’impose à moi.

Question 6 : Comment travailles-tu et quelles sont tes conditions idéales pour écrire? 

Je pense n’avoir qu’une condition essentielle à l’écriture : la musique. Je suis une véritable obsessionnelle. Je peux écouter le même morceau toute une journée. Affreux pour mon entourage mais jouissif pour moi. J’adore Ben Howard, Ray Lamontagne, Ottis Redding, Marcus Foster, Christine and The Queens mais aussi tellement, tellement d’autres.

Je pense quand même tirer le meilleur parti de mes phases d’écriture quand je m’impose d’écrire régulièrement et quand j’ai la possibilité d’écrire longtemps (toute une journée, par exemple).

Question 7 : Que pensent tes proches de tout cela? T’encouragent-ils? Certains ont-ils lu ton livre?

Mes proches sont heureux pour moi de me voir m’épanouir. Ils m’encouragent, même si aucun n’a de véritable passion pour l’univers littéraire. Et oui, certains ont lu « Le Monde Sans Nom ». Ils l’ont apprécié mais je crains un manque flagrant d’objectivité (et je les en remercie, c’est une chance d’avoir autour de vous des gens qui vous aiment tellement qu’ils en perdent leur impartialité).

Il me faut remercier Nelly du blog Pincée de fantaisie qui m’a soutenue, relue et encouragée pendant l’écriture de mon roman. Le Monde Sans Nom m’aura amené son amitié et c’est déjà pour moi énormément. Merci Nelly.

Question 8 : Écris-tu pour des personnes en particulier, pour un type de public spécifique, ou simplement pour extérioriser et t’exprimer?

J’écris pour tous ceux qui souhaitent rêver sans me poser aucune question sur leur âge, leur sexe, leur situation. J’écris pour moi, pour ceux qui voudront prendre du temps pour me lire.

Question 9 : Dans ton roman, Le monde Sans Nom, les personnages sont extrêmement proches les uns des autres. Leurs liens affectifs sont très forts et ils m’ont pas mal fait rêver. Est-ce que tu t’es inspirée des relations que tu entretiens avec tes proches, ou de liens que tu as pu constater dans un groupe, ou est-ce que, au contraire,  c’est le genre de liens auxquels tu aspires?  

L’univers romancé n’est rien d’autre qu’un éclairage appuyé sur ce qui existe déjà pour tout le monde. J’aime les gens qui m’entourent. Profondément. Je leur dis souvent. Je pense qu’on se nourrit des gens qui gravitent autour de nous. Je suis là pour les miens et je sais qu’ils seront là pour moi (même s’ils sont loin, même si on passe trois semaines sans se téléphoner).

Je vois aussi mes personnages comme des personnalisations des sentiments. Aucun n’a tord ou raison. Aucun est toujours dans le vrai ou le faux. Ils peuvent tous se justifier à un moment donné. Ils sont là pour se pousser les uns les autres. Simen se nourrit de sa famille pour se découvrir. Ses frères, mais aussi sa grand-mère, l’aident chacun à leur manière à évoluer.

Je pense que c’est ce que font toutes les personnes que vous croisez dans votre vie. Même les personnes négatives peuvent vous apprendre à lâcher-prise. Toutes les interactions sont des occasions.

Question 10 : Dans ton histoire, on constate également la présence de certaines valeurs très importantes : l’importance de l’identité, du nom, de la femme, du culte etc., mais également l’importance des choses à travers le mode de vie des Neyri, un peuple nomade qui accorde très peu d’importance aux biens matériels. Est-ce qu’il y a une part d’autobiographie dans ton histoire? Certaines de ces valeurs sont-elles importantes pour toi? 

J’aime les personnages forts, non pas envahissants-envahisseurs mais droits. J’ai choisi de les mettre en avant dans mon roman. Je voulais aborder le sujet des croyances personnelles. Deux cultures qui semblent au départ diamétralement opposées, se découvrent des points communs. Alors que les Neyri et les Eldiriens ne prient pas le même « dieu », la même entité, ils prient pour la même chose. Le socle de base de leur croyance est le même : la bienveillance.

Je n’ai pas de conviction propre. Je ne pratique aucune religion mais je suis toujours étonnée de constater que les fondements religieux restent en gros les mêmes pour tout le monde. Il s’agit de se comporter suffisamment bien pour pouvoir à tout le monde de vivre ensemble. Simple quand on y pense.

Pour l’importance de l’identité, c’est encore une fois une métaphore pour montrer l’importance de se trouver et de ne pas se perdre (mais là, on parle de l’œuvre d’une vie entière). Et puis, je m’étais demandé ce qui pouvait bien avoir de l’importance pour un peuple qui ne possède rien. Que pourraient-ils vraiment donner ? J’ai eu l’idée du nom.

Plus généralement, je pense effectivement qu’il est urgent de remettre en question notre mode de fonctionnement, de consommation. Je suis loin, très loin d’être parfaite sur ce sujet mais nous nous sommes trop coupés de la nature et je pense que cette séparation nous a coûté une certaine forme de « pureté ». Peut-être devrions-nous arrêter de nous créer des besoins ?

Question 11 : L’univers que tu as mis en place afin de créer ton histoire est complexe et très bien dépeint. Depuis combien de temps travailles-tu sur cette histoire? 

J’ai eu le Monde Sans Nom en tête peut-être quatre mois avant de me mettre réellement à l’écriture. J’ai ensuite travaillé une petite année dessus. J’écris doucement. J’aime les mots, j’aime trouver les bons, trouver le bon rythme, le bon ton. Tout ça me demande de la lenteur et donc du temps.

Question 12 : Tu m’as dit être en train de travailler sur le tome deux (que j’attends avec grande impatience). À vu de nez, combien de volumes comprendra cette série? Envisages-tu d’écrire une autre histoire après Le monde Sans Nom? Si oui, quel en serait le genre? 

Je pense que Le Monde Sans Nom comportera trois – peut-être quatre ? – tomes. Le tome 2 est déjà en cours d’écriture. Je cherche encore ma structure de base. Jusqu’où vais-je développer ce tome ? Mais les choses sont déjà pas mal en place (tout du moins, dans ma tête).

J’ai commencé en parallèle une autre histoire. Je travaille dessus depuis le mois de novembre. Cette histoire est très différente de ce que vous lisez. C’est une romance contemporaine, plus sombre, plus adulte qui se passe à Londres. Je souhaite aborder les thèmes de l’amour rédempteur. Peut-on, doit-on tout accepter par amour ? Est-il sain d’accepter de dépendre de quelqu’un ou que quelqu’un dépende de vous ? Chacun n’est-il pas responsable de sa propre route ? Est-on définit par nos actions, par ce que nous faisons ou pas ?

Ça n’a pas l’air romantique comme ça mais l’idée est que si vous aimez profondément quelqu’un d’un amour qui aide à grandir, ne voulez-vous pas que cette personne puisse s’en sortir dans la vie même sans vous ?

Question 13 : Un conseil pour ceux et celles qui veulent se lancer dans l’écriture? 

Je ne suis pas certaine d’être de très bons conseils mais si je devais vous dire qu’une chose ce serait : ne croyez pas toujours ce que vous pensez.

Je doute trop. J’essaie de ne plus m’écouter sur ce point là.

Je vous conseille de lire ce billet d’Éléonore Bridge : http://www.leblogdelamechante.fr/blog-mode/lechec/

Osez. Vivez. Souriez. Écrivez si c’est ce que vous souhaitez. Qu’avez-vous à perdre ?

***

Christelle, merci pour tous ces échanges et pour m’avoir fait rêver avec ton histoire. Je t’en prie, n’abandonne pas, jamais ! Ai confiance en toi !

Vous pouvez la retrouver sur Facebook,  Instagram et Hellocoton. Je vous encourage vivement à découvrir cette histoire !

Si vous aussi vous avez des questions, n’hésitez pas !

Prenez soin de vous !

Bisous, douceur et coquelicots !

16 thoughts on “Entretien avec Christelle Nadal, auteure du livre Le monde Sans Nom

  1. Je suis vraiment a la ramasse niveau articles pardoooon ! 😮

    Cette nouvelle rubrique est juste super j’adore !
    Je ne connaissais pas cette auteure et il faudra que je me penche sur le livre que tu as aimé !

    En tout cas je suis admirative car je n’arriverai pas à trouver toutes les questions à poser pour ce genre d’article ! Bravo Maureen et merci de nous permettre d’en savoir plus ! 😀

    1. Je te rassure, moi aussi ! XD Je crois que je suis trop de monde :/
      Ah t’en mieux ! Je trouve que c’est bien de voir un peu l’envers du décor et on apprend plein de choses ! Oh oui, je te conseille mais tellement cette histoire ! Ahah, j’espère, pour la prochaine fois, arriver à trouver d’autres questions ^^’ ça me stressait un peu ! Quand ça parle du livre c’est facile, mais pour en savoir plus sur la personne, essayer de faire original est compliqué !

  2. Coucou !
    Très intéressant à lire ! Christelle a vraiment l’air adorable ! On sent vraiment qu’elle est passionnée par ce qu’elle fait, qu’elle écrit. Je trouve ça génial. J’irais lire les chapitres déjà publiés, l’histoire a l’air absolument fabuleuse. ^^
    Par contre… Christelle a vraiment 35 ans ?! Elle fait vraiment plus jeune ! Sur sa photo, je lui aurais donné facilement 10 ans de moins (rien à voir avec son livre, je sais… 😉 )

    Bisous !

    1. Je trouve toujours ce genre d’article fascinant à lire. Et elle en a l’air et la chanson ^^ elle est très gentille. J’espère vraiment qu’elle n’abandonnera pas! Oui, va la lire!!!! J’ai hâte d’avoir ton avis ^^
      Ahah, oui, elle les a vraiment, à moins qu’elle nous cache des choses, ahah! Bisous!<3

          1. Aha ! Tu as bien de la chance avec ta bonne génétique ! 😉
            Je pense que j’irais te lire à partir de demain, tranquillement. Comme j’adore les histoires dans des autres mondes, celles qui parlent de politique et de culte… « Le Monde Sans Nom » a toutes les chances de me plaire !! ^^
            Et je suis loooooiiiiiin d’avoir fini ! J’en suis au tout début de l’écriture. A la base, c’était une fanfic sur le manga « Black Butler » que j’ai commencé à publier sur des sites de fanfiction. Et comme j’ai créé tout un monde autour, on m’a poussé à en faire un vrai roman. Mais du coup, je reprends tout à 0. Avec Poppy, on a poussé beaucoup plus loin l’histoire, on a complètement enlevé les éléments de fanfiction pour trouver des éléments originaux à la place, on a tout remanié. D’ailleurs, je considère encore qu’il nous manque des pans entiers de l’Histoire du monde qu’on a créé (N’est-ce pas Poppy ??? Eden, ça te dit quelque chose ?). XD
            Ensuite, j’ai commencé à écrire le début. Mais pour diverses raisons, il ne me plaisait absolument pas et j’ai quasiment tout réécrit. Certains passages l’ont été deux ou trois fois facilement. Mon problème est que je suis perfectionniste (je ne suis toujours pas contente de certains paragraphes). Sans parler d’un des personnages principaux qui a eu 3 prénoms différents et qu’il a donc fallu tout changer manuellement.
            Donc ce n’est vraiment pas pour de suite que tu pourras me lire ! Disons qu’au stade où j’en suis, l’histoire n’a même pas réellement débutée, on rencontre juste les personnages (ce qui m’inquiète pour la suite : si je réécris sans arrêt comme ça, je suis pas rendue… XD ). Bon… Pour ma défense, j’ai commencé à rédiger mon mémoire de master et quand j’arrête, j’ai pas forcément envie d’écrire plus que ça. 😉

            Alors rassure-moi… Toi aussi tu as réécris plusieurs fois ton histoire ? XD

          2. Bien sûr que c’est normal. Moi aussi j’ai un processus d’écriture trèsss long. Je corrige, recorrige, recommence etc … Ce qui est accessible sur mon blog est la 2ème version de mon roman (et chaque version a eu une dizaine de corrections/modifications). Alors oui c’est normal. Il faut persévérer, ne pas trop se prendre la tête avec un plan, écrire (on découvre parfois ce qui va advenir ou nos personnages en les côtoyant en écrivant). En tout cas, moi j’ai du mal avec les plans, bien sûr j’ai la trame dans les grandes lignes en tête mais c’est régulier que les choses changent/évoluent pendant le processus d’écriture. En tout cas, courage, prends plaisir, essaie de ne pas rester fixée sur les périodes « down » (on en a tous, j’en traverse une en ce moment même) et ça se fera. N’hésite pas à me laisser des mots pour savoir ce que tu penses de mes chapitres, je suis très curieuse d’avoir ton avis. à très vite

    1. Coucou ! Je t’en prie <3 Merci à toi d'avoir forcé le destin. Je serais passée à côté de quelque chose. Quand je pense à toutes ces histoires que l'on rate et qu'on ne découvrira peut-être jamais... c'est vraiment triste. Donc bats-toi !
      J'avoue que cela fait bizarre ahah. Avec le blog, j'ai appris à m'y faire ^^ Bisous !

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